De Guy se moque-t-on ?

mercredi 10 octobre 2007 à 23:48

Sur décret de son altesse le grand Sarkozy 1er, il est demandé de faire lire à ses sujets du secondaire la lettre qui aurait ému son éminence lors de son accession au trône. Il s’agit de la lettre de Guy Moquet à ses parents avant de mourir fusiller par les forces nationales socialistes.

Voilà ce que l’on aurait pu entendre avant la révolution de 1789… Vous me direz que sur ce point de vu cela n’a pas vraiment changé. Ce n’est faux !

Sur les faits, lors de l’investiture de notre actuel Président celui-ci se rend au bois de Boulogne, lieu où a été fait fusiller des résistants, pour nous lire une lettre d’un communiste : « Guy Moquet » qui écrit à ses parents sachant le triste sort qui lui est réservé. Notre président ému par ces lignes va donc imposer une lecture obligatoire à tous les élèves du secondaire le 22 octobre. Ainsi, sous la seule raison de l’émotion d’un homme il va être décidé de faire partager cette émotion.
Maladresse, erreur de jugement, nous n’en savons rien. En revanche il est indéniable que nous assistons à une curieuse personnalisation du pouvoir, ce qui est pour le moins inquiétant !

Mais sur le fond, la lecture d’une telle lettre n’est pas forcément plus bénéfique. Tout d’abord Guy Moquet présenté comme résistant n’est que preuve d’une méconnaissance (ou d’un mensonge) sur l’histoire. Le seul tort de ce malheureux fusillé est d’être communiste, il n’a jamais participé à une action de résistance ! Va-t-on continuer à faire écrire l’histoire non pas par des historiens mais par des politiciens ?
Par ailleurs, même si il ne faut pas négliger l’histoire et je suis le premier à le reconnaître, nous sommes tout de même au 21ème siècle ! Il pourrait être temps de faire évoluer les choses et de tourner la page non pas comme dans un vulgaire livre scolaire d’histoire, mais comme dans un magnifique élan d’individus se tournant vers leurs avenir.

Je ne fais pas parti de ceux qui estiment que la lecture imposée de cette lettre est une entrave à la liberté d’enseignement. En revanche je porte une critique sévère sur la manière dont cela a été fait. Je suis intimement convaincu que le Président ne s’est pas rendu compte de la façon dont il impose ses choix : je suis ému donc vous devez faire partager mon émotion. Ce manque de lucidité est bien inquiétant et il nous montre une part de la véritable nature de celui qui est actuellement à la tête de l’exécutif français.
Cette personnalisation du pouvoir mérite donc de s’en préoccuper plus sérieusement, trop de pouvoir est concentré dans les mains d’un seul homme il est donc important de penser sérieusement à une révision de nos institutions, d’instaurer une véritable séparation des pouvoirs. Cela n’est pas sans nous rappeler Tocqueville : « Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de le satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs ».

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Jean-Bernard

CP|Affaire EADS : incompétents ET malhonnêtes

mercredi 10 octobre 2007 à 20:46

Le scandale EADS que vient de mettre en évidence l’Autorité des Marchés Financiers fait apparaître une fois de plus l’irresponsabilité dont font preuve certains magnats de l’industrie français et l’impasse définitive de notre « capitalisme de connivence ».

Si les faits avancés par l'AMF, dont il faut saluer au passage le rôle exemplaire, restent à être prouvés et jugés, Alternative Libérale attend que la justice prononce à l'encontre de ces derniers des sanctions exemplaires.

Si les faits étaient avérés, cela signifierait que des cadres dirigeants d'une des plus grandes entreprises industrielles européennes se sont rendus coupables d'un double délit : ils ont abusé de la confiance mise en eux par tous les autres actionnaires dans le cadre du respect de l'égalité des droits des actionnaires. Ils ont trahi leur responsabilité de dirigeant d'entreprise envers leurs clients, leurs fournisseurs, leurs salariés, qui comptaient sur eux pour une gestion sans faille. Des pratiques qui salissent la réputation de notre pays, dont l’économie en difficulté se passerait fort bien.

Dans le cas d'un dirigeant de grand groupe, qui a un rôle économique et social de premier plan, une telle infraction doit être punie avec la plus grande fermeté. En effet, le premier ennemi de la liberté économique et du fonctionnement ouvert des marchés qui exigent de la confiance, ce sont ce genre de brebis galeuses qui compromettent la solidité de nos économies en manipulant les actionnaires. Qui peut, après une telle affaire, encore faire confiance à EADS ? Qui a envie d’investir sur les marchés français ? Après l'affaire ENRON, la justice américaine a fait le ménage jusqu'au sommet de la hiérarchie : nous n'en attendons pas moins dans cette affaire.

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Posté dans Economie
Jean-Bernard