Dépenses publique. Oui, l’austérité est nécessaire !

mardi 27 novembre 2007 à 14:16

Dans un discours prononcé le 5 novembre à la Cour des comptes, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je suis convaincu que nous n’assainirons pas la situation de nos finances publiques par des politiques d’austérité. »

Selon le Nouvel Observateur, il a ajouté : « Si l’austérité produisait des résultats, ça se saurait. » Pour le dictionnaire, une politique d’austérité est « une politique qui cherche à réduire les coûts et les dépenses ». Une entreprise en difficulté met en œuvre une politique d’austérité. Ainsi Alcatel va-t-il réduire ses effectifs de 20 % en deux ans. Avec la coopération des syndicats, Ericsson a réduit les siens de 56 %, et redressé sa situation, ce qui provoqua l’admiration de Ségolène Royal lors d’un séjour qu’elle fit en Suède.

Pour Nicolas Sarkozy, l’État peut se dispenser de tels efforts : ses dépenses de personnel vont augmenter de 1,1 % en 2008, et l’ensemble de ses dépenses de 1,6 %. Dans son dernier rapport sur la France, l’OCDE constate: « L’État a insuffisamment réduit le nombre de ses fonctionnaires. »

Tous les pays qui ont réussi à augmenter leur taux de croissance et à réduire leur taux de chômage ont commencé par lancer une politique d’austérité. Une étude de la Banque centrale européenne l’a une fois de plus prouvé il y a deux ans : les onze pays développés qui avaient le plus accru leur taux d’emploi avaient en moyenne baissée leurs dépenses publiques de 10,3 % de leur production (PIB). Ces pays (Irlande, Finlande, Suède, Canada, Pays-Bas, Norvège, Danemark, Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre) ont, en baissant leurs dépenses publiques et leurs impôts, allégé leurs entreprises d’un boulet qui les freinait, et redonné du dynamisme à leur économie.

Pour justifier sa position, Nicolas Sarkozy a donné un argument étonnant : « À ceux qui ne croient qu’à la vertu des politiques sacrificielles, je veux dire que les Français n’ont cessé depuis vingt-cinq ans de faire en vain des sacrifices considérables. » Il est exact que les Français ont vu baisser leur revenu par tête, en comparaison de pays semblables. Dans son contrat de législature 2007-2012, l’UMP constatait que la France était passée, de 1982 à 2004, du 9e au 17e rang des pays de l’OCDE pour le PIB par habitant.

Mais c’est justement parce que l’État français n’a pas fait baisser ses dépenses : depuis 1980, les dépenses publiques sont passées de 45,5 % à 53,6 % du PIB, et le nombre de fonctionnaires s’est accru d’un million. L’absence d’austérité des uns a causé les sacrifices des autres.

Source : Contribuables Associés

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Jean-Bernard