Science sans conscience n’est que ruine de l’âme…

mardi 11 mars 2008 à 15:21

Appliqué à la politique, on pourrait dire : la théorie sans comprendre véritablement les aboutissants n’est que perte d’électeurs.

Le score du Modem au niveau national en est la parfaite illustration. S’ils ont des théories qui peuvent paraître sympathique à entendre, en réalité il n’y a aucun aboutissant derrière. Pas étonnant donc de voir un score aussi faible pour un parti qui se veut être l’égal français des partis démocrates en Europe.

Le ni droite ni gauche, c’est très bien puisqu’ils sont au centre. Encore faut-il avoir des idées de ce que doit être le centre. Malheureusement il semble se dessiner un jeu de dupe qui consiste à faire croire que l’on peut prendre les meilleures idées de gauche et les meilleures idées de droite, secouer le tout et obtenir un programme. Car si ça c’est de la théorie, il ne faut pas oublier l’aboutissant : comment on détermine une bonne idée à droite et une bonne idée à gauche ? Uniquement grâce à l’idéologie propre à un parti. Or le Modem fait impasse avec cette dernière. Ce qui peut sembler curieux pour un parti comportant le terme de démocratie dans son nom. En effet s’il y a bien un phénomène universel qui tue la démocratie c’est l’absence d’idéologies.

Actuellement on a l’impression que se joue un jeu d’opportunisme chez les ex-UDF : quelle liste soutenir pour avoir le plus de chance d’avoir des élus ? Faisant abstraction de toute idéologie.
On pourrait me rétorquer que c’est le type d’élection qui veut ça. Ce serait faire abstraction, là encore, d’établissement d’idéologie. Car les CocoVerts, par exemple, ont eux aussi recours à ce principe, mais on sait déjà vers qui ils se tourneront au second tour, tout simplement du fait que leur idéologie soit établie.

On me parle d’enjeux locaux. Encore faudrait-il définir ce que sont les enjeux locaux. Il ne suffit pas de sortir de grande théorie sans en avoir les aboutissants une fois de plus. Et ce d’autant plus que toutes les listes d’une même commune s’assurent de veiller aux enjeux locaux. Mais il n’existe pas un seul enjeu local qui plus est objectif. Tout reste subjectif car il dépend de l’idéologie que l’on porte. Une fois de plus l’absence d’idéologie conduit au nini.

Pourquoi le nini ne pourrait pas être une idéologie. Tout dépend comment on interprète le nini. Si ce n’est ni l’idéologie de gauche, ni l’idéologie de droite alors oui ça peut être une véritable idéologie encore faut-il pouvoir en dégager des principes. Là encore c’est ce dont le Modem ne se contente pas de faire, qui peut dire ce que sont les grands principes du nini si ce n’est sortir le ni droite ni gauche, ou le principe de l’enjeu local. Deux théories dont nous venons de démontrer qu’elles n’ont pas d’aboutissants.

Il reste donc au Modem quatre années pour se définir et se positionner réellement et non sortir de grande théorie sans concret derrière. On peut effectivement penser qu’un nouvel échec lors des élections de 2012 sera le blanc-seing de la mort de ce parti dont l’histoire ne retiendra rien.
J’espère qu’un sursaut d’orgueil aura lieu, et que les egos démesurés des dirigeants de ce parti sauront regarder par de-là les frontières françaises pour voir comment se positionnent les démocrates européens : ils ne flirtent pas avec le nini, mais ont une stratégie clair et précise le tout orienté idéologiquement.

Posté dans Politique
Jean-Bernard

Commentaires

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