Réforme de l’Etat : des économies de bouts de chandelle

mardi 18 décembre 2007 à 13:34

Nicolas Sarkozy a prononcé le 12 décembre un très éloquent discours sur la nécessité de réduire les dépenses publiques en réformant l’Etat : « Les administrations publiques dépensent chaque année plus de 1.000 milliards d’euros. Si le taux de dépense publique était le même qu’en Allemagne, nous dépenserions 850 milliards d’euros. Et je n’ai pas le sentiment que l’Allemagne est sous-administrée… La réforme de l’Etat a beaucoup attendu c’est le moins que l’on puisse dire… Sans réduction du poids de nos dépenses publiques, nous n’irons pas chercher le point de croissance qui nous manque ».

C’est le discours du Cri du contribuable depuis sa création. Ce discours était enfin brillamment repris au plus haut niveau ! Après une telle introduction une conclusion s’imposait : pour obtenir « le point de croissance qui nous manque » nous devons immédiatement baisser nos dépenses publiques de 150 milliards d’euros par an. On s’attendait donc à une liste de décisions chiffrées sur les économies à réaliser, dont le total aurait été de 150 milliards.

Le Président s’est contenté d’annoncer que 97 mesures avaient été étudiées et en a commenté trois :

  • les préfets régionaux auront autorité sur ceux des départements.
  • les permis de conduire, cartes d’identité et passeports ne seront plus délivrés par les préfectures mais par les mairies.
  • le budget 2009 de l’Etat sera présenté sur 3 ans.

Aucune de ces trois mesures ne fait faire la moindre économie de dépenses publiques.

Le porte-parole du gouvernement Laurent Wauquiez a toutefois précisé que les 94 autres mesures permettraient de réduire les effectifs à partir de 2009 : un départ à la retraite de fonctionnaire de l’Etat sur deux ne serait pas remplacé.
Pour cela certaines mesures ont été annoncées. Le nombre des directions de ministères sera réduit : de 35 à 5 à l’Ecologie ; de 10 à 4 ou 5 à la Culture ; une de moins à l’Agriculture. Huit centres de renseignements administratifs seront fermés. Les directions départementales de l’Equipement seront fusionnées avec celles de l ‘Agriculture. Le ministère de la Défense sera regroupé à Balard. Enfin le divorce par consentement mutuel sera enregistré par les notaires, ce qui dégagera les tribunaux.

Aucun chiffrage des effectifs économisés n’accompagnait ces décisions. Faisons l’hypothèse optimiste qu’elles fourniront les 40.000 postes à réduire chaque année. Comme la moitié des économies réalisées doit être reversée aux fonctionnaires, et que les fonctionnaires débutants sont moins payés que ceux qui partent en retraite, les économies ainsi réalisées s’élèveront à 400 millions d’euros par an. Soit 0,27 % des 150 milliards à réaliser !
Certaines autres mesures annoncées feront peut-être réaliser des économies : une agence des achats de l’Etat sera créée (mais il existe déjà un « groupement d’achats publics ») ; une expérimentation d’agences autonomes sera lancée (espérons que celles-ci ne profiteront pas de leur autonomie pour dépenser plus).

D’autres décisions augmenteront les dépenses de l’Etat : pour faciliter la mobilité des fonctionnaires, leur avancement dans leur ancienne administration sera plus rapide ; les contrôles financiers seront réduits.



Nicolas Sarkozy avait promis que les réformes ne se feraient pas « contre les fonctionnaires ». Il a amplement tenu parole. Il a même annoncé qu’ils seraient “les grands bénéficiaires” de la réforme de l’Etat.
Les perdants seront les Français, qui n’auront pas le point de croissance qui leur manque.

Source : http://www.contribuables.org/

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Jean-Bernard

La cigale ayant tout dépensé cet été...

jeudi 29 novembre 2007 à 14:30

Ce soir, le grand Sarkozy Ier s’exprimera sur TF1 et France 2. Le président du pouvoir d’achat qui a réussi son pari en s’augmentant de 140% viendra nous exposer ses thèses et réussir à ce que cet exploit se réalise dans le porte monnaie de tous les français.

Toutefois, je ne pense pas qu’il apportera une solution viable économiquement dès ce soir, même pire j’ai de plus en plus le pressentiment qu’il ne fera jamais de bonnes réformes en ce sens.
Il existe la croyance du siècle dernier bien entendu qui consiste à faire croire que c’est en taxant les 50 plus grosses fortunes de France que l’on résoudra le problème. Il est évident que ce problème ne prend pas en compte deux aspects le premier c’est le fait qu’ils seront déjà très loin de nos frontières (et à juste titre) le jour où le révolutionnaire communiste de Neuilly arrivera éventuellement au pouvoir, mais aussi que c’est largement insuffisant. Autrement dit voilà une proposition totalement démagogique comme les extrémistes savent toujours le faire.
Il y a ensuite la solution « Rustine » qui consiste à préserver notre système et en particulier tous les petits avantages de chacun : journalistes, marins, agriculteurs, etc… Fort est à parier que c’est la solution que prendra Sarkozy, on l’a déjà vu il y a deux semaines lors du conflit avec les marins. Il leur a accordé une réduction sur le prix du pétrole, résultat augmentation de 2% du prix du poisson à l’étal. Le consommateur va donc trinquer directement depuis son porte-monnaie. Autre exemple, l’exonération des heures supplémentaires et toute la machinerie qui va derrière ressemble plus à une usine à gaz qu’à une véritable réforme comme on aurait pu l’attendre.
Il existe enfin une troisième voie, jamais empruntée car nous avons de grands intellectuels à gauche qui s’imaginent encore que nous avons la meilleure éducation du monde. Cette voie c’est celle de la libération du marché du travail. Baissons les charges qui pèse sur les salaires, redonnons le plein salaire aux salariés (ce qui au bas mot ferait doubler le salaire de chacun quasiment). Evidemment une telle réforme nécessite obligatoirement de réduire le train de vie de l’état, mais à quand la fin de ce scandale monopolistique de la sécu, de la RATP, de la SNCF, d’Air France sur certaines destinations, etc…

Personne n’ose évoquer cette dernière option, la seule qui marche et dont la grande majorité des pays ont déjà fait, certains depuis plus de 20 ans ! L’OCDE relève que nous sommes passés du 3ème rang au 17ème rang du classement des pays par rapport au PIB par habitant. Inutile de chercher si c’est la droite ou la gauche responsable de ce gâchis, ce sont ces deux formations qui depuis trente ans ce sont partagées le pouvoir. Qui n’ont osées aucunes réformes d’importance en matière en réduction du train de vie de l’état. Cela fait trente ans que nos énarques nous explique que le déficit est passager et c’est un investissement sur l’avenir. Mais voilà, le résultat est là et depuis trente ans on emprunte sur le dos des générations futures. Est-il acceptable de voir l’argent que l’on nous prélève servir directement à financer une dette parce que nous vivons au dessus de nos moyens ?

J’attend donc sans grand enthousiasme ce soir pour voir les propositions de Sarkozy. Je ne sais pas pourquoi mais à mon avis il n’y aura rien à en tirer de concrètement valable. La seule question c’est de savoir la forme que prendra la nouvelle usine à gaz.

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Jean-Bernard

Dépenses publique. Oui, l’austérité est nécessaire !

mardi 27 novembre 2007 à 14:16

Dans un discours prononcé le 5 novembre à la Cour des comptes, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Je suis convaincu que nous n’assainirons pas la situation de nos finances publiques par des politiques d’austérité. »

Selon le Nouvel Observateur, il a ajouté : « Si l’austérité produisait des résultats, ça se saurait. » Pour le dictionnaire, une politique d’austérité est « une politique qui cherche à réduire les coûts et les dépenses ». Une entreprise en difficulté met en œuvre une politique d’austérité. Ainsi Alcatel va-t-il réduire ses effectifs de 20 % en deux ans. Avec la coopération des syndicats, Ericsson a réduit les siens de 56 %, et redressé sa situation, ce qui provoqua l’admiration de Ségolène Royal lors d’un séjour qu’elle fit en Suède.

Pour Nicolas Sarkozy, l’État peut se dispenser de tels efforts : ses dépenses de personnel vont augmenter de 1,1 % en 2008, et l’ensemble de ses dépenses de 1,6 %. Dans son dernier rapport sur la France, l’OCDE constate: « L’État a insuffisamment réduit le nombre de ses fonctionnaires. »

Tous les pays qui ont réussi à augmenter leur taux de croissance et à réduire leur taux de chômage ont commencé par lancer une politique d’austérité. Une étude de la Banque centrale européenne l’a une fois de plus prouvé il y a deux ans : les onze pays développés qui avaient le plus accru leur taux d’emploi avaient en moyenne baissée leurs dépenses publiques de 10,3 % de leur production (PIB). Ces pays (Irlande, Finlande, Suède, Canada, Pays-Bas, Norvège, Danemark, Espagne, Australie, Nouvelle-Zélande, Angleterre) ont, en baissant leurs dépenses publiques et leurs impôts, allégé leurs entreprises d’un boulet qui les freinait, et redonné du dynamisme à leur économie.

Pour justifier sa position, Nicolas Sarkozy a donné un argument étonnant : « À ceux qui ne croient qu’à la vertu des politiques sacrificielles, je veux dire que les Français n’ont cessé depuis vingt-cinq ans de faire en vain des sacrifices considérables. » Il est exact que les Français ont vu baisser leur revenu par tête, en comparaison de pays semblables. Dans son contrat de législature 2007-2012, l’UMP constatait que la France était passée, de 1982 à 2004, du 9e au 17e rang des pays de l’OCDE pour le PIB par habitant.

Mais c’est justement parce que l’État français n’a pas fait baisser ses dépenses : depuis 1980, les dépenses publiques sont passées de 45,5 % à 53,6 % du PIB, et le nombre de fonctionnaires s’est accru d’un million. L’absence d’austérité des uns a causé les sacrifices des autres.

Source : Contribuables Associés

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Jean-Bernard

CP|Affaire EADS : incompétents ET malhonnêtes

mercredi 10 octobre 2007 à 20:46

Le scandale EADS que vient de mettre en évidence l’Autorité des Marchés Financiers fait apparaître une fois de plus l’irresponsabilité dont font preuve certains magnats de l’industrie français et l’impasse définitive de notre « capitalisme de connivence ».

Si les faits avancés par l'AMF, dont il faut saluer au passage le rôle exemplaire, restent à être prouvés et jugés, Alternative Libérale attend que la justice prononce à l'encontre de ces derniers des sanctions exemplaires.

Si les faits étaient avérés, cela signifierait que des cadres dirigeants d'une des plus grandes entreprises industrielles européennes se sont rendus coupables d'un double délit : ils ont abusé de la confiance mise en eux par tous les autres actionnaires dans le cadre du respect de l'égalité des droits des actionnaires. Ils ont trahi leur responsabilité de dirigeant d'entreprise envers leurs clients, leurs fournisseurs, leurs salariés, qui comptaient sur eux pour une gestion sans faille. Des pratiques qui salissent la réputation de notre pays, dont l’économie en difficulté se passerait fort bien.

Dans le cas d'un dirigeant de grand groupe, qui a un rôle économique et social de premier plan, une telle infraction doit être punie avec la plus grande fermeté. En effet, le premier ennemi de la liberté économique et du fonctionnement ouvert des marchés qui exigent de la confiance, ce sont ce genre de brebis galeuses qui compromettent la solidité de nos économies en manipulant les actionnaires. Qui peut, après une telle affaire, encore faire confiance à EADS ? Qui a envie d’investir sur les marchés français ? Après l'affaire ENRON, la justice américaine a fait le ménage jusqu'au sommet de la hiérarchie : nous n'en attendons pas moins dans cette affaire.

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Jean-Bernard