CP| Législatives Polonaises : les libéraux au pouvoir !

lundi 22 octobre 2007 à 22:52

Communiqué de presse - 22 octobre 2007

Avec la victoire aux législatives des libéraux de la Plate-forme civique de Donald Tusk, la Pologne montre la voie de la modernité politique à l’Europe. Preuve est ainsi faite que des libéraux peuvent gagner les élections, même face à une droite conservatrice ! A quand un gouvernement libéral en France ?

Avec plus de 41,6 % des voix obtenues contre 32 %, Donald Tusk s’est offert une belle revanche sur les frères Kaczynski. En 2005, on se rappelle qu’il avait payé la campagne de diabolisation anti-libérale orchestrée par le parti « Droit et Justice » et l’Eglise catholique polonaise, l’une des plus radicales d’Europe : les conservateurs avaient alors accusé les libéraux d’être à l’origine de tous les maux du monde, ce qui avait séduit la Pologne profonde. Un message relayé, dans nos contrées, par l’extrême gauche la plus conservatrice d’Europe…

Les deux jumeaux étaient allés chercher à leur droite des partis tels que la LPR, la ligue des familles polonaises et Samobrona (Self Defense) de l’inénarrable Leper (un croisement entre Le Pen et Bové). Depuis qu’ils sont au pouvoir, les deux frères ont cumulé les affaires douteuses et une politique étrangère désastreuse. Malgré une croissance de 6,5% et un taux de chômage en baisse, ils n’ont pu faire face l’émigration de plus de 2,5 millions de Polonais, signe d’un malaise profond dans le pays.

Alors que d’après les dernières informations les libéraux remporteraient 227 sièges au Parlements et 67 à la Diète, se pose la question d’un gouvernement de coalition. Comment un parti libéral authentique fera-t-il pour gouverner avec un président homophobe, nationaliste, ultra-conservateur, et dont la première initiative a été de nationaliser les banques et de mettre la main sur les médias ? Lors d’un débat télévisé, à la question “Comment ferez-vous pour empêcher les Polonais d’émigrer ?â€?, Kaczynski a proposé de fermer les frontières. Pour Donlad Tusk, le leader libéral, la solution est à l’inverse : une politique libérale et solidaire, vers le développement d’une économie à l’irlandaise : “Quand les Polonais quittent le pays ils quittent le socialisme pour le libéralismeâ€?. Tusk a promis de faire d’énormes efforts pour réduire le train de vie de l’Etat qui a considérablement augmenté sous les deux ans de règne des conservateurs. Il souhaite restaurer l’image de la Pologne sur la scène internationale et surtout au sein de la communauté européenne.

Alternative Libérale félicite la Plate-forme civique pour sa belle victoire et voit dans ce parti libéral européen un modèle de réussite, mais également un espoir : si un gouvernement authentiquement libéral est possible dans le troisième pays d’Europe, comment ne pas espérer pareille évolution dans le pays des Droits de l’Homme ?

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Jean-Bernard

De Guy se moque-t-on ?

mercredi 10 octobre 2007 à 23:48

Sur décret de son altesse le grand Sarkozy 1er, il est demandé de faire lire à ses sujets du secondaire la lettre qui aurait ému son éminence lors de son accession au trône. Il s’agit de la lettre de Guy Moquet à ses parents avant de mourir fusiller par les forces nationales socialistes.

Voilà ce que l’on aurait pu entendre avant la révolution de 1789… Vous me direz que sur ce point de vu cela n’a pas vraiment changé. Ce n’est faux !

Sur les faits, lors de l’investiture de notre actuel Président celui-ci se rend au bois de Boulogne, lieu où a été fait fusiller des résistants, pour nous lire une lettre d’un communiste : « Guy Moquet » qui écrit à ses parents sachant le triste sort qui lui est réservé. Notre président ému par ces lignes va donc imposer une lecture obligatoire à tous les élèves du secondaire le 22 octobre. Ainsi, sous la seule raison de l’émotion d’un homme il va être décidé de faire partager cette émotion.
Maladresse, erreur de jugement, nous n’en savons rien. En revanche il est indéniable que nous assistons à une curieuse personnalisation du pouvoir, ce qui est pour le moins inquiétant !

Mais sur le fond, la lecture d’une telle lettre n’est pas forcément plus bénéfique. Tout d’abord Guy Moquet présenté comme résistant n’est que preuve d’une méconnaissance (ou d’un mensonge) sur l’histoire. Le seul tort de ce malheureux fusillé est d’être communiste, il n’a jamais participé à une action de résistance ! Va-t-on continuer à faire écrire l’histoire non pas par des historiens mais par des politiciens ?
Par ailleurs, même si il ne faut pas négliger l’histoire et je suis le premier à le reconnaître, nous sommes tout de même au 21ème siècle ! Il pourrait être temps de faire évoluer les choses et de tourner la page non pas comme dans un vulgaire livre scolaire d’histoire, mais comme dans un magnifique élan d’individus se tournant vers leurs avenir.

Je ne fais pas parti de ceux qui estiment que la lecture imposée de cette lettre est une entrave à la liberté d’enseignement. En revanche je porte une critique sévère sur la manière dont cela a été fait. Je suis intimement convaincu que le Président ne s’est pas rendu compte de la façon dont il impose ses choix : je suis ému donc vous devez faire partager mon émotion. Ce manque de lucidité est bien inquiétant et il nous montre une part de la véritable nature de celui qui est actuellement à la tête de l’exécutif français.
Cette personnalisation du pouvoir mérite donc de s’en préoccuper plus sérieusement, trop de pouvoir est concentré dans les mains d’un seul homme il est donc important de penser sérieusement à une révision de nos institutions, d’instaurer une véritable séparation des pouvoirs. Cela n’est pas sans nous rappeler Tocqueville : « Nos contemporains sont incessamment travaillés par deux passions ennemies : ils sentent le besoin d’être conduits et l’envie de rester libres. Ne pouvant détruire ni l’un ni l’autre de ces instincts contraires, ils s’efforcent de le satisfaire à la fois tous les deux. Ils imaginent un pouvoir unique, tutélaire, tout-puissant, mais élu par les citoyens. Ils combinent la centralisation et la souveraineté du peuple. Cela leur donne quelque relâche. Ils se consolent d’être en tutelle, en songeant qu’ils ont eux-mêmes choisi leurs tuteurs ».

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Jean-Bernard